samedi 25 juin 2011

Explication d'une Québéskoise

- Bonjour ! Je vous téléphone concernant la candidature que vous avez envoyée pour le poste d'animatrice culturelle à Saskatoon, me dit-elle au téléphone.
- Saska... en Saskatchewan ?!
- Oui, en Saskatchewan, a-t-elle répondu en riant ! Seriez-vous disponible pour une entrevue téléphonique demain, vers 15h30, votre heure ?
- Euh... oui oui.
***
C'était un mercredi, vers la fin du mois d'octobre. Je ne savais pas que l'emploi pour lequel j'avais envoyé ma candidature se trouvait en Saskatchewan. Je savais encore moins que je m'y retrouverais trois semaines plus tard et que j'y passerais les trois années suivantes (lire entre les lignes : que je m'y attacherais, m'y impliquerais et m'y marierais !) !
Durant ces trois années, j'y ai découvert une communauté bien différente de l'univers dans lequel j'avais grandi, mais dans lequel je me suis sentie bien instantannément ! Ici (en Saskatchewan, pour encore quelques jours), les gens se disent bonjour quand ils se croisent dans la rue, s'entraident, pensent aux autres, donnent de leur temps. Ici (toujours en Saskatchewan, il s'agit du même jour !), la vie bat à un rythme plus accessible, digne des chansons reaggae. Ici (plus besoin de préciser, j'espère !), au pays du ciel vivant, en fouillant un peu, on trouve une communauté francophone qui regorge de trésors. Des organismes, des artistes, des événements, et surtout... des Fransaskois !
Pour ceux qui l'ignorent, selon Wikipédia, un Fransaskois est un habitant francophone de la Saskatchewan. Cependant, malgré que j'y habite depuis quelques années, il y aura toujours des petits côtés de moi qui feront en sorte que je ne serai jamais une Fransaskoise. Non, il ne faut pas remplir une longue demande d'immigration et attendre d'être accepté du peuple. Non, pas parce que j'ai peur d'être étiquettée avec la chanson "Saskatchewan", des Trois Accords. Mais plutôt parce qu'un "cr*ss de cali*ss" est si vite sorti de ma bouche quand je me frappe un orteil contre le cadre de la porte, parce que visionner le clip de René Lévesque au bord des larmes suite au référendum de 1980 me donnera toujours la chair de poule, parce que dès l'instant où j'arrive au Québec, à chacune de mes visites, ma première "activité" restera toujours manger une bonne poutine de la Belle Pro !
Voilà pourquoi, entre mon amour de la Fransaskoisie et mon fort intérieur québécois, je suis fière d'être une Québéskoise !

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